Vous aimez les histoires de fête qui sentent la terre et le sucre ? Dans les Hautes Terres de Madagascar, la fête de Pâques se mêle souvent à la fin des récoltes. Les Betsileo célèbrent alors avec un beignet tendre et sucré : le feta.
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Une tradition betsileo liée à la récolte et à Pâques
Chez les Betsileo, le moment de la récolte rime avec joie. Quand les rizières sont vidées et que les grains sont rangés, on réserve une partie du riz pour le feta. La famille se réunit. On partage après la messe du dimanche ou lors d’une balade le lundi de Pâques.
Le riz utilisé vient parfois de loin. On transporte parfois des grains d’Amoron’i Mania, à environ 250 km d’Antananarivo. Ce riz a un parfum particulier, doux et campagnard. Pour beaucoup, c’est le goût de la maison.
Le feta : ingrédients, gestes et sens
Le feta est simple et généreux. On y trouve de la farine de riz, des bananes écrasées, un peu de sucre et des noix pilées. Les familles enveloppent la pâte dans des feuilles de bananier et la cuisent à la vapeur. Le rituel rassemble les générations.
C’est proche du koba que connaissent bien les habitants d’Antananarivo, mais le goût et la présentation restent propres aux pratiques betsileo. Les enfants apprennent à piler, tamiser et façonner. Pour eux, c’est aussi un cours de mémoire culturelle.
Recette betsileo du feta (pour 6 à 8 personnes)
Ingrédients
- 500 g de riz (riz blanc parfumé ou riz gluant selon disponibilité)
- 3 bananes bien mûres (environ 400 g écrasées)
- 80 à 100 g de sucre (ajustez selon goût)
- 120 ml d’eau
- 50 g de pistaches ou d’arachides pilées
- Feuilles de bananier pour l’emballage
- Une pincée de sel
Préparation
- Rincez le riz puis laissez-le tremper dans de l’eau froide pendant 24 heures. Le trempage est essentiel. Il attendrit le grain et facilite le broyage.
- Égouttez le riz. Pilez-le au mortier ou mixez-le par petites pulsations pour obtenir une pâte fine. Passez ensuite au tamis afin d’obtenir une farine ou une pâte sans grumeaux.
- Écrasez les bananes à la fourchette. Mélangez-les à la farine de riz. Ajoutez 120 ml d’eau et 80–100 g de sucre. Incorporez une pincée de sel. La pâte doit rester souple mais non liquide.
- Ajoutez les pistaches pilées. Goûtez et rectifiez le sucre si nécessaire.
- Coupez des carrés de feuille de bananier et placez une portion de pâte au centre. Repliez pour former un petit paquet bien fermé.
- Disposez les paquets dans une marmite vapeur ou un panier vapeur. Faites cuire à la vapeur pendant 30 à 45 minutes, jusqu’à ce que la pâte soit ferme et légèrement brillante.
- Laissez tiédir quelques minutes avant d’ouvrir. Servez chaud ou tiède, partagé en famille ou entre amis.
Conseils pratiques et variantes
Si vous n’avez pas de mortier, un mixeur puissant fonctionne. Tamisez toujours pour éviter les grumeaux. Les feuilles de bananier apportent un parfum unique, mais du papier sulfurisé peut dépanner.
Pour varier, remplacez les pistaches par des arachides, ajoutez une cuillère de vanille ou quelques raisins secs. En ville, la tradition se perd parfois. Préparer le feta chez soi devient un acte de transmission.
Partager le feta : plus qu’un gâteau
Le feta n’est pas seulement un dessert. C’est un lien entre récolte et foi, entre grand-parents et enfants. Lorsqu’il cuit pendant la messe, il symbolise le temps partagé. Lorsqu’il accompagne une sortie le lundi de Pâques, il nourrit le corps et les souvenirs.
Si vous cherchez une recette simple, parfumée et chargée d’histoire, essayez ce feta. Vous ramènerez chez vous un morceau de Madagascar, et peut-être une nouvelle tradition familiale.


